Présentation

Dalidark présente Bad Asstéroïdes, un festival féministe !

Un phénomène cosmique débarque ! Une pluie de féminismes s’abat sur Grrrenoble dans une atmosphère festive, créative et politique du 5 au 10 Juin 2019. Bad Asstéroïdes, c’est l’envie de faire ensemble, de se rencontrer, de se donner de la force. Prenons une tasse de thé et un peu d’oxygène face à la pesanteur du patriarcat et des normes de genre !

Au programme

Une constellation de moments et d’espaces de partage, de réflexions, de connaissances et de savoir-faire. De quoi démonter une remarque sexiste comme un pneu de bicyclette !
Projecteurs pailletés ! Une nébuleuse de soirées : concerts, spectacles, fêtes etc.
Des repas vegan midi et soir durant tout le festival. Un régal cosmique !

Les mixités seront choisies en fonction de la programmation. Le festival est en mixité sans mecs cisgenres (personnes qui ont été assignées « garçons / hommes / mecs » à la naissance et qui continuent à se définir comme tel et donc ont bénéficié des privilèges liés à ce genre au sein du patriarcat), sauf indication précisée dans le programme détaillé.

Nous voulons sortir du vortex des oppressions, qu’elles nous impactent directement ou pas. Quelles qu’elles soient, elles ne vont pas imploser de si tôt. Dans l’immédiat, à défaut de les réduire à néant, nous avons la volonté de ne pas les tolérer, ni de les cautionner.

Nous tenons à préciser que le noyau dur de l’orga n’est composé que de meufs/gouines cis et, en grande majorité, blanches…
L’événement se produira autour de la planète 102 et d’autres lieux de la galaxie grenobloise.
Le festival est autogéré et autofinancé par le prix libre.
Cette tornade veut faire trembler le patriarcat et son système genré !

Pour toute question ou besoin d’hébergement vous pouvez nous écrire à
festivalfeministegrenoble[at]riseup.net


Retour sur la soirée de vendredi soir,

ou la triste banalité du racisme en milieu féministe.

Appropriation culturelle

Durant la scène ouverte qui faisait suite au cabaret vendredi soir, un numéro a posé problème.

Une personne blanche est montée sur scène réciter un texte. Elle portait en guise de jupe, un foulard rouge à piécettes, qu’on connaît généralement en (F)Rance pour leur utilisation en « danse orientale » (terme assez problématique et qui n’a aucun sens d’ailleurs).

Cette tenue n’est pas acceptable portée par une personne blanche, et a donc heurté de nombreuses personnes. Elle participe à un phénomène assez courant qui consiste à choisir comme « costume » des tenues (ou autres) venant d’autres cultures, d’autres pays en les vidant de leur sens, de leur histoire, etc. Comme par hasard, ce sont le plus souvent des éléments issus de peuples qui ont été colonisés (notamment par la (F)Rance)… Ce phénomène est une des facettes de l’exotisation et de l’appropriation culturelle.

Pendant ce numéro, une personne de l’orga du festival a été interpellée par des camarades blanc.he.s et racisé.e.s assez en colère, et est venue trouver d’autres membres de l’orga, aussi assez atterrées, qui ne savaient pas comment réagir.

NB : Il est important de préciser que dans le noyau dur présent au quotidien sur le festival, nous sommes toutes des personnes blanches.

Dans le speed, nous avons décidé de faire une intervention à la fin du numéro pour poser le problème, s’excuser et inviter la personne en question à venir nous parler.

Nous avons pu discuter avec elle et avons constaté, que dans son cas comme souvent, ce foulard ne représentait rien de précis, il n’y avait pas d’intention derrière, juste un manque de réflexion…

Et c’est là tout le problème !

Responsabilités individuelles et collectives

En effet, dans ce milieu féministe (majoritairement blanc), on imagine mal quelqu’1 monter sur scène et dire ou faire des choses racistes assumées avec pour but d’attaquer des personnes racisées… Pourtant le racisme est encore extrêmement présent, sans aucune mauvaise intention, souvent le résultat d’un manque de réflexion, dont seules des personnes privilégiées peuvent avoir le luxe. Preuve en est : rares sont les rencontres féministes/TPG/etc. où des problèmes liés au racisme ne surviennent pas.

Après ce numéro de la scène ouverte, l’open mic a débuté avec un texte qui faisait référence à la « magie noire ». L’utilisation de ce terme par une personne blanche nous questionne aussi, on n’a pas fini d’y réfléchir et on’a pas encore pu en parler avec elle… On a conscience que de nombreux termes et expressions usuelles appartiennent à l’imaginaire raciste et colonial dans lequel nous sommes tou.te.s baigné.e.s. Là encore, sans vouloir faire de procès d’intention à personne, nous pensons que cet imaginaire crée des réflexes qu’il nous reste à déconstruire et qui sont l’un des symptômes de tout un mode de pensée lui-même à déconstruire.

Nous ne voulons pas passer pour des donneuses de leçons qui ont tout compris et nous ne nous considérons pas comme des alliées infaillibles qui ne pourraient jamais avoir des réactions/propos racistes. De la même façon, nous ne considérons pas que les actes racistes sont (toujours) l’œuvre de personnes trop craignos qu’on peut pointer du doigt en se félicitant d’être meilleures qu’elles. On fait toutes notre chemin au rythme de nos rencontres et de nos ressources (ce qui ne veut pas dire que ce qui s’est passé n’est « pas grave » ou « acceptable »). Dans l’orga nous avons eu plus ou moins l’occasion de bénéficier de la pédagogie de camarades blanc.he.s et racisé.e.s et nous n’en sommes pas toutes au même point sur cette question. En tout cas, il nous reste à toutes du chemin à faire ! Nous avons la volonté de porter de notre mieux une responsabilité politique qui implique d’intervenir quand des actes racistes surviennent et de prendre du temps pour discuter de façon constructive avec les personnes impliquées.

Nous pensons que les personnes blanches peuvent vraiment avancer sur les questions de racisme intégré dans ce genre d’occasions qui amènent du débat et de la réflexion, mais c’est toujours sur le dos des personnes racisées…

Réaction de l’orga

A la fin de la soirée, les personnes toujours présentes de l’équipe d’orga se sont réunies et nous avons discuté de ce problème pour voir comment réagir et ce que l’on aurait pu faire pour que cela n’arrive plus.

Nous avons donc décidé, d’écrire ce texte, où nous voulons à nouveau présenter des excuses. La problématique de l’appropriation culturelle s’était déjà posée sur des propositions d’ateliers et de numéros pour le cabaret et s’était réglée assez facilement suite à des échanges plutôt chouettes et constructifs entre l’orga et les personnes qui avaient formulé ces propositions.

Mais, conscientes donc, de ce problème récurrent, nous aurions dû voir le vrai besoin d’apporter du contenu sur ce sujet et proposer un/des textes sur ce thème sur notre site internet et/ou sur les lieux du festival et même un atelier/discussion.

Bien sur ça n’évite pas tout, mais il nous semble important de tenter tout ce qu’on peut.

Nous avons décidé d’imprimer quelques textes. Si vous avez connaissance d’autres textes chouettes sur ce sujet ou autres, n’hésitez pas à nous les faire parvenir et nous les imprimerons.

Retours & discussions

Nous sommes aussi tout à fait preneuses de retours/idées sur comment faire mieux, et ouvertes à discuter le sujet plus en profondeur, mais malheureusement nous pensons pour l’instant être déjà trop prises par l’orga du festival pour pouvoir proposer un temps formel de qualité autour de cette problématique, mais si ça change on vous tiendra au courant, et si d’autres se motivent, c’est super !

Voilà, donc encore une fois, on se contente d’être réactives plutôt que pro-actives, tristement classique…

On espère que nous (ou d’autres!) ferons mieux la prochaine fois !

L’orga crew de Bad Asstéroïdes


Le collectif Dalidark

Dalidark est un collectif féministe qui s’est formé à Grrrenoble en 2010. Il est en mixité choisie sans mec cis-genre et à pour but de promouvoir, valoriser, encourager les créations et luttes des femmes/gouines/trans/non-binaires dans une optique DIY.
Depuis 9 ans, des personnes sont parties vers d’autres aventures, d’autres l’ont rejoint, mais l’objectif reste le même.
Nous avons organisé beaucoup de concerts, des cabarets, des projections/discussions, des ateliers, des karaokés, des quizz musicaux, une convention de tatouage, etc.
Avec Bad Asstéroïdes, c’est la première fois que nous organisons un événement d’une telle ampleur. Merci à tou·te·s les personnes qui ont déjà proposé de l’aide (n’hésitez pas à le faire, on en a encore besoin!) et à tou·te·s celleux qui proposent des ateliers/discussions/spectacles/concerts/etc. Merci aussi aux lieux qui nous accueillent.
On espère que ce festival pourra donner de la force, du plaisir et l’envie de continuer à créer des événements comme celui-ci!


La fête oui…
Mais le reste aussi !

Comme vous pouvez le constater sur notre programme, Bad Asstéroïdes n’est pas un festival centré sur la fête, il n’y aura qu’une boum le samedi soir après les concerts, ce qui est peu comparé à d’autres festivals qui se déroulent sur autant de jours.
Nous avons mis l’accent sur les ateliers et discussions qui se passeront en journée et les deux ne sont pas forcément compatibles !
Cela vient au départ de contraintes : il existe peu d’endroits à Grrrenoble où il est possible de rester tard, encore plus de façon répétée dans la semaine, et aussi nous ne pensons pas avoir l’énergie de porter un festival qui durerait 24h/24 sur 6 jours.

Mais au final, c’est devenu un vrai choix.

Même si nous pensons que des espaces festifs en mixité choisie (sans mec-cis dans notre cas) sont nécessaires et tout à fait enthousiasmants pour certain.e.s, nous avons préféré favoriser des espaces où on peut se rencontrer en faisant/apprenant ensemble lors d’ateliers ou en échangeant lors de discussions qu’elles soient formelles ou non.
Il y a déjà beaucoup de choses prévues au programme, mais il sera tout de même possible d’en rajouter sur le moment. Des lieux seront mis à disposition pour ça (voir au 102 pour plus de renseignements).
Il y aura des événements (spectacles/concerts) tous les soirs du mercredi au dimanche inclus, mais à l’exception du samedi, les lieux fermeront leurs portes vers minuit/une heure.

« Si je ne peux pas danser, ce n’est pas ma révolution. »
Emma Goldman (star anarcha-féministe)

« Si on ne fait que danser, il n’y aura pas de révolution ! »
Anonyme